Témoignage

Solenn, 25 ans (34)

J’ai 25 ans et je suis infirmière puéricultrice. C'est à l'âge de 10 ans que mon diabète a été diagnostiqué, un âge où l’insouciance et la joie de vivre prennent le dessus sur ce que la vie et la maladie pouvaient m'infliger. Pendant peut être 5 ans, j’ai été très perfectionniste avec mon diabète et envers moi-même. Vers 15 ans, je suis tombée dans l'anorexie mentale. Peut-être que moi, c’était la façon d'exprimer ma colère, ou bien juste une manière de pouvoir m'imposer auprès de tous car j'avais l'impression que je pouvais ainsi maîtriser ce qui ne pouvait l'être.

Je m'en suis sortie indemne, et complètement guérie, même si le chemin fut long et douloureux. Par la suite, c'est directement envers mon diabète que je me suis retournée : fini les dextro, les contrôles, fini l'écoute de mes symptômes, le déni...cela a duré plusieurs années...

J'ai passé mon bac, je suis rentrée en école d'infirmière puis je me suis spécialisée comme infirmière puéricultrice... Je ressentais toujours cette tension en moi, cette culpabilité de ne pas observer correctement mon traitement. Un jour lors d'une formation, j'ai eu la chance de tester des capteurs de contrôle en continu, et, c’est à partir de ce moment-là que j'ai eu le déclic. Du jour au lendemain, j’ai rééquilibré, seule, trop rapidement, trop bien, trop vite...moi qui savait tout sur ma maladie, moi qui accompagnait des patients diabétiques, comment ai-je pu ne pas me soigner et ne pas m'écouter...

Par la suite, c’est quelque mois plus tard lors d'un rendez-vous de contrôle chez l'ophtalmologue que l'on m'a diagnostiqué une rétinopathie non proliférante mais sévère. Depuis un an, je me bats.. des séances de lasers à répétition, le traitement est lourd. Aujourd'hui, elle est au stade ultime, elle est floride, proliférante sévère. Je ne sais pas où je vais, ni comment. Je suis suivie depuis deux semaines sur un centre spécialisé à 200 km de chez moi. Je me bats pour que mes trajets puissent m'être remboursés, pour que mon conjoint qui m'accompagne merveilleusement bien puisse lui aussi garder de l'énergie pour que l'on puisse avancer ensemble. L'inconnu fait peur. Le regret ne fait pas avancer. Mon témoignage n'a en aucun but de faire culpabiliser quiconque. Je me dis juste que j'aurais aimé savoir, comprendre et surtout réagir avant que tout cela n'arrive, je suis très bien entourée, ma famille, mes amis et surtout par l'homme que j'aime. J'ai la chance d'avoir tout cela, et j'avance grâce à ça. Merci à tous de témoigner, c'est important pour nos jeunes d'aujourd'hui de comprendre que le déni de la maladie, rend cette dernière encore plus difficile les années passées. La colère est humaine, l'accepter permets d'avancer.

On a souvent l'impression que nos proches sont trop présents, que la maladie prend trop de place dans nos relations et particulièrement avec les gens qu'on aime. Mais sans eux, nous ne pouvons pas toujours avancer...J'ai compris avec le temps qu'il fallait aussi leur laisser la place qu'ils avaient besoin dans le vécu de la maladie au quotidien car eux aussi en ont besoin. Il faut réussir à trouver l'équilibre entre tout ca, mais cela ne peut se faire sans en parler et partager les peurs et les craintes de chacun.

 

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