La prise en charge en cas de difficultés financière (accés au soin)

La précarité concerne de plus en plus de personnes en France : SDF, migrants, mais aussi travailleurs pauvres, retraités, jeunes célibataires, chômeurs ou étudiants, familles monoparentales, personnes handicapées... Or, le diabète touche davantage ces populations. Les complications y sont plus présentes et plus graves.

Aujourd’hui, compte tenu du contexte socio-économique, les conditions de vie sont difficiles. Ces situations dégradées ont souvent des répercussions sur l’état de santé et notamment le diabète.

 

Précarité : définition

Si la pauvreté¹ se définit en dessous d’un certain seuil de revenus (une personne est considérée comme pauvre quand son niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté soit 964 € mensuel pour une personne seule), les situations de précarité sont multiples.

Contrairement aux idées reçues, la précarité ne touche pas seulement les personnes démunies ou « grands précaires », mais aussi les travailleurs «  pauvres », les retraités, parfois même les propriétaires de logements qui ne parviennent plus à boucler les fins de mois. C’est dans ce large spectre qui définit la précarité que l’état de santé des personnes est le plus dégradé, avec une proportion inquiétante de diabète et autres maladies chroniques.

Selon l’INSEE, la France comptait 8,6 millions de pauvres (14,1 %) en 2010 et 3,5 millions de mal logés. La fondation Abbé Pierre dénombre 3,6 millions de mal-logés en 2013. 3,2 millions de personnes ont recours à l’aide alimentaire de façon passagère ou permanente². Selon l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPS), en 2009, 6,7 % de la population en emploi était pauvre. Quatre millions de personnes n’ont pas de complémentaire santé. Un Français sur 5 déclare renoncer aux soins pour raisons financières. Dans son rapport L’accès aux soins des plus démunis 2011, Médecins du Monde dresse ce constat amer : “le nombre de personnes avec un logement stable a baissé de 45 % en 10 ans ”³.

Pauvreté et précarité : facteurs de risque du diabète

Selon une récente étude*, le diabète est 3 à 4 fois plus fréquent dans les populations en situation de précarité. Dans cette pathologie, l’accès aux soins est primordial, il doit s’accompagner d’un suivi régulier des traitements et d’une alimentation saine et équilibrée.

Précarité et diabète en chiffres

Chez les 35-59 ans, la prévalence du diabète chez les personnes précaires est de 6 % contre 1 % pour le reste de la population. Le risque de devenir diabétique dans cette tranche d’âge est respectivement 4,2 fois plus élevé chez les hommes et 5,2 fois plus élevé chez les femmes que chez les personnes non précaires.
Chez les 60-80 ans, la prévalence atteint 17 % chez personnes les précaires contre 4 % pour le reste de la population.
Le diabète est davantage présent dans les classes ouvrières que chez les cadres ou catégories socio-professionnelles supérieures.
18 % des personnes diabétiques de moins de 45 ans sont bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMUC)** contre 6 % de la population générale du même âge. Beaucoup renoncent aux soins pour raison financière.

Notes
¹ Selon la définition européenne de la pauvreté.
² Source : Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt
³ Cité dans le magazine Equilibre N°287, mai-juin 2012, “La santé. Parfois un luxe inaccessible”.
*Etude menée par Claude Jaffiol de l’Académie de Médecine
**IGAS- Rapport n° RM 2012-033P - Evaluation de la prise en charge du diabète - avril 2012